Protéger l' Effraie, pourquoi ?

Les menaces sur l'habitat

Comme la Chevêche , l'Effraie a besoin d'un milieu de vie, qui lui permette d'assurer deux fonctions  essentielles :
  • Une fonction trophique : trouver sa nourriture
.Les ressources alimentaires fournissent à chaque individu l'énergie nécessaire pour assurer ses besoins vitaux et sa survie toute l'année.
  • Une fonction sexuelle : se reproduire.
Si les besoins vitaux sont satisfaits, les couples adultes contribuent par la reproduction au renouvellement des générations, au maintien des populations et à la conservation de l'espèce.
Du fait de l'agriculture intensive, les ressources alimentaires sont moins abondantes.
La Chouette effraie souffre des mêmes difficultés que l'ensemble de la petite faune sauvage : les espaces ruraux se sont banalisés (disparition des haies et talus), et se sont appauvris sous l'effet des traitements phytosanitaires.

Comment peut-on s'en rendre compte ?
En observant la difficulté rencontrée par un couple d'Effraies pour nourrir ses poussins. Lorsqu'il y en a 6 ou 7 à la naissance, il en reste plutôt 4 à l'envol. Et surtout nous voyons des jeunes mourir à un âge déjà avancé, à 5 ou 6 semaines, alors qu'ils sont déjà bien emplumés et apparemment bien portants.


Du fait de la transformation de l'habitat rural, l'Effraie trouve de moins en moins facilement un gîte pour se loger. Les fermes disparaissent, les granges sont transformées, les greniers sont mansardés. Partout le vieux bâti fait " peau neuve " et les maisons récentes sont peu propices à l'accueil de la petite faune.

              A ces menaces générales, viennent s'ajouter des menaces particulières
Les clochers grillagés : échec à la reproduction
L'Effraie vit dans les villages et recherche un gîte à l'intérieur d'un bâtiment. Le clocher ou les combles de l'église ont durant des siècles représentés des refuges très appréciés, du fait de leur tranquillité.
Hélas, ces lieux d'accueil sont également convoités par les Pigeons bisets, espèce grégaire par excellence.
Lorsque des dizaines et des dizaines de pigeons transforment le bâtiment communal en pigeonnier, à un moment ou un autre les élus décident d'en interdire l'accès. Les ouvertures sont alors grillagées, privant simultanément l'Effraie des clochers de son gîte favori.
Dans les Yvelines, les clochers sont grillagés à  90/%.
Cliquez pour agrandir l'imagePartout les grillages empêchent l'Effraie des clochers d'accéder à ses lieux favoris de reproduction.
En barrant la route aux pigeons, c'est en même temps la Chouette effraie qui est mise en danger, dans  sa capacité à renouveler ses générations et reconstituer ses populations.
Photo D. Robert
A cette menace particulière vient s'en ajouter une deuxième.
              La circulation automobile : hécatombe routière
Le réseau routier en Ile-de-France est particulièrement dense. Il a un effet de cloisonnement des milieux, dont l'impact est fortement négatif sur la grande faune et les mammifères en général, qui franchissent difficilement les autoroutes et les voies rapides.
L'impact sur les oiseaux n'est pas non plus négligeable et la Chouette effraie en pâtit plus spécialement.
Sur la moindre petite route de campagne, " on " circule la nuit à au moins 90 km/h, plus vite qu'il n'en faut pour heurter une chouette éblouie par les phares.
Cliquez pour agrandir l'imageLes routes de France sont de véritables mouroirs  pour la Chouette effraie, qui s'y fait tuer par milliers chaque année. Il suffit d'être attentif et de surveiller les bas-côtés de la route, pour découvrir les cadavres des oiseaux tués au cours des nuits précédentes. Et ceux que l'on découvre ne sont que la partie non emportée par les Renards ou consommés par les Corneilles.
Photo D. Robert
Mais ce qu'il faut savoir, c'est que ces " rencontres fatales " ne sont pas dues au hasard.
Les talus et bas-côtés de la route sont souvent le refuge des campagnols, qui y installent leurs terriers. Cette concentration de nourriture attire donc les rapaces nocturnes, qui  hélas y laissent souvent la vie !
Cliquez pour agrandir l'imageCette photo est un concentré d'informations : la Chouette effraie venait tout juste de capturer ce Campagnol (reconnaissable à sa courte queue), lorsqu'elle s'est fait tuer par une voiture, éblouie par les phares en s'envolant.
Les prédateurs en général sont régis par "la loi du moindre effort" : ils chassent les proies les plus nombreuses, là où il est facile de les capturer. En venant chasser sur les bas-côtés de la route, là où les rongeurs se concentrent, l'Effraie signe aussi son arrêt de mort.
Photo D. Robert
Les routes d'Ile-de-France sont de véritables cimetières pour la Chouette effraie.
On ne peut donc que conseiller de " lever le pied ", d'être attentif et de rouler à vitesse modérée la nuit sur les routes de campagne, pour éviter d'être le fossoyeur des crapauds, hérissons, lièvres et autres " nocturnes ", rampants ou volants
.
Mortalité accidentelle d'une côté et difficulté à se reproduire de l'autre, l'Effraie (comme la Chevêche) est en grande difficulté.
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Dernière mise à jour : mercredi 12 septembre 2018
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