Les rapaces nocturnes en classe

1- Connaissance générale des rapaces nocturnes

Le hululement de la Chouette annonce-t-il  la mort prochaine de quelqu'un dans la famille ?
Les Hiboux ont-ils des oreilles plantées sur la tête ?
La Chouette est-elle la femelle du Hibou ?

Dans un passé qui n'est pas si lointain, les " oiseaux de nuit " ont été piégés et persécutés.
Chouettes et Hiboux étaient perçus comme oiseaux de mauvais augure, messagers du malheur et de la mort.

Pour conjurer le mauvais sort, ils ont été cloués à la porte des granges !  Par bêtise, par superstition, par ignorance.
On a souvent peur de ce que l'on ne connaît pas.
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Destruction volontaire.
La bêtise humaine dans toute son abomination : en "crucifiant" un oiseau de nuit, les esprits simples s'imaginent qu'ils se protègent de la mort, des pratiques "moyen-âgeuses", qui défient l'entendement.
Photo D. Robert
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Destruction volontaire
Durant des décennies, "le piège à poteau" a broyé les pattes de dizaines de milliers de rapaces, et parmi eux, beaucoup de "nocturnes". Ce piège est aujourd'hui interdit, suite au combat des protecteurs de la nature.
Photo D. Robert
Faire découvrir les rapaces nocturnes à la jeune génération est la clef indispensable, pour balayer ces croyances d'un âge révolu.  Et lorsque l'on apprend à mieux les connaître, les rapaces nocturnes forcent alors notre admiration.
Comment ces oiseaux peuvent-ils se déplacer et chasser la nuit ?
L'ouïe tout d'abord, la vue bien sûr, mais aussi le vol silencieux… sont autant de sens très développés et d'adaptations absolument remarquables…
Quant aux serres et au bec, ce sont des outils perfectionnés pour capturer des proies toujours promptes à se dérober.
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Photo Faisca,
mise à disposition par l'auteur
En savoir plus :
l' ouïe chez les rapaces nocturnes
la vue chez les rapaces nocturnes
le vol silencieux chez les rapaces nocturnes
Les serres chez les rapaces nocturnes

2- l'étude en classe du régime alimentaire

L'étude d'un régime alimentaire, avec la Chouette effraie comme modèle, est au programme des classes de 6ème au collège.
Cette activité passionne également les élèves des classes élémentaires (du CP au CM2), lorsque ces derniers découvrent par eux-mêmes le contenu d'une pelote de réjection.
Les pelotes de réjection (ou régurgitation)
Les rapaces nocturnes avalent souvent leurs proies entières d'une part et n'ont pas des sucs digestifs puissants d'autre part, permettant de dissoudre les os.
Conséquence : le squelette des proies est peu attaqué.
Lorsque le gésier a transformé et dissous les matières nutritives, tous les restes indigestes sont expulsés par l'œsophage, sous forme de petites boulettes contenant des os.
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Les pelotes peuvent être de taille variable (ici de Chouette effraie), suivant qu'elles ont été expulsées après une longue phase de repos et digestion (au cours de la journée), ou seulement à la suite d'une pause de quelques heures (la nuit) que l'oiseau s'accorde entre deux phases de chasse.
Photo D. Robert
Ces pelotes dite de " régurgitation " sont donc un matériel de choix pour l'étude du régime alimentaire, car les restes osseux et les crânes en particulier sont intacts et assez facilement identifiables.

On notera qu'elles permettent aussi de connaître la petite faune d'une région. Les scientifiques qui s'intéressent aux micro-mammifères (les mammalogistes) ou aux insectes (les entomologistes) étudient souvent la faune locale grâce aux pelotes, et découvrent parfois la présence d'une espèce (de rongeur ou d'insecte) jusque là insoupçonnée dans le secteur d'étude considéré.
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Les pelotes de la Chouette Effraie sont particulièrement intéressantes à analyser en classe : les restes sont nombreux et peu attaqués par les sucs digestifs, donc plus facile à identifier et la variété des crânes de micro-mammifères est assez grande, du fait que l'Effraie consomme régulièrement des Musaraignes.
Photo D. Robert
Les rapaces nocturnes rejettent en général 2 pelotes par 24h : une petite pelote en milieu de nuit et une plus grosse lors du repos diurne, après une phase plus longue de digestion.
Cette pelote de jour est plus intéressante à décortiquer et analyser. Pour les travaux pratiques en classe, on choisira des pelotes de bonne taille, de 3 à 4 cm.

On peut ramasser en grand nombre les pelotes d'Effraie dans la retraite diurne du rapace, une grange par exemple. Elles sont souvent assez grosses, sombres à noirâtres et vernissées quand elles sont encore fraîches.

Elles seront stockées bien sèches, dans un sac, avec des petites boules de naphtaline (triclorobenzène) pour neutraliser les larves d'une petite mite qui se développent à l'intérieur et mangent les poils servant d'emballage aux restes osseux, comme d'autres mites consomment des fourrures, de la laine, des tapis.
COMMENTAIRE
" M'sieur, M'dame, ça bouge " !
" j'ai trouvé un ver !! ".

Il est possible de trouver dans les pelotes la larve d'une petite mite, répondant au nom poétique de Monopis monachella. Comme les autres mites de la famille des Tineidae, il s'agit d'un Lépidoptère, autrement dit d'un papillon.
Le petit ver blanc deviendra rapidement  beaucoup moins impressionnant, si l'on précise qu'il s'agit de " la chenille d'un petit papillon ".
Depuis la psychose liée à la grippe aviaire, nos pelotes passent par le  congélateur et le charme du "petit-ver blanc-qui-bouge" n'existe plus !
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Voilà un "kit pédagogique", pour travaux pratiques en classe, une trentaine de pelotes de réjection de Chouette effraies, conditionnées dans leur boîte de glace "recyclée", avec les boules anti-mites neutralisant le développement de Monopis monachella. Mais rien ne vaut un passage par le congélateur ou le micro-onde (mais sans l'anti-mite avec, dans ce cas !).
Photo D. Robert
En savoir plus :
le vol silencieux


dernière mise à jour : mardi 11 juillet 2017
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