Protéger la Chevêche : Pourquoi ?

Les menaces sur l'habitat

Comme beaucoup d'espèces animales, la Chevêche a besoin d'un milieu de vie, qui lui permette d'assurer deux fonctions essentielles :

-Une fonction trophique : trouver sa nourriture
Les ressources alimentaires fournissent à chaque individu l'énergie nécessaire pour assurer ses besoins vitaux et sa survie toute l'année.

-Une fonction sexuelle : se reproduire.
Si les besoins vitaux sont satisfaits, les couples adultes contribuent par la reproduction au renouvellement des générations, au maintien des populations et à la conservation de l'espèce.

Ces deux fonctions sont de plus en plus difficiles à satisfaire pour la Chevêche, car son habitat ne cesse de s'appauvrir.
  • L'Agriculture intensive est la première cause de raréfaction de la Chevêche.

En 40 ans, la transformation des paysages ruraux a entraîné une perte de la biodiversité, avec ses conséquences sur les ressources alimentaires (en particulier les gros insectes), à un point tel que la Chevêche ne peut plus maintenir ses populations en bonne santé.
En savoir plus :
agriculture intensive et modification des paysages ruraux
Ces bouleversements, entraînés par la politique agricole, ont également leurs conséquences sur la reproduction de la Chevêche.

Cette espèce dite " cavernicole " ne construit pas de nid, elle est dépendante des cavités qu'elle peut trouver, pour s'abriter, se reposer et se reproduire à la saison favorable.

Dans notre région, proche de la Normandie, l'élevage et les vergers de haute tige ont marqué longtemps les paysages (jusqu'au début des années 60, chaque ferme avait son troupeau de plusieurs dizaines d'unités gros bétail, UGB).

La Chevêche trouvait alors refuge dans les cavités naturelles offertes par les vieux pommiers et poiriers, mais aussi dans les vieux saules têtards, nombreux autour des mares servant d'abreuvoirs au bétail.

Aujourd'hui, dans les paysages ruraux des Yvelines, il n'existe quasiment plus de vergers de plein champ. Tout juste quelques arbres, pommiers et poiriers isolés, dont la tempête de 1999 a accéléré la disparition. Les pâtures, accueillant des bovins, sont devenues très rares et le plus souvent les abreuvoirs ont remplacé les mares : les vieux saules ont disparu en grand nombre.
Le pré-verger, souvent pâturé par des bovins, avec ses pommiers de haute tige, a été longtemps considéré comme l'habitat caractéristique de la Chevêche, dans la région ouest de la France soumise au climat océanique.
Cet habitat n'existe plus dans notre secteur rural des Yvelines. Les arbres de haute tige, vieux pommiers et poiriers, plus que centenaires, ne subsistent qu'à l'état isolé.
Cliquez pour agrandir l'imageLes deux pré-vergers ci-contre n'existent plus, situés l'un sur la commune de Rosay (à gauche), l'autre sur celle de Civry-la-Forêt (à droite). La tempête de 1999 a précipité leur vieillissement et leur délabrement.
CONSEQUENCE : on ne rencontre quasiment plus la Chevêche en pleine campagne, mais près des fermes isolées et autour des villages.
  • La ceinture verte des villages

Faute de trouver à se loger en pleine campagne, la Chevêche s'est concentrée autour des villages.

La périphérie des anciens bourgs est marquée par la présence de milieux diversifiés, avec des jardins, des restes de vergers, parfois pâturés par des moutons ou des chevaux, des friches. Ces petits territoires peuvent être encore cloisonnés par des haies, constituant une mosaïque de petits milieux à l'allure bocagère, très favorable à la Chevêche.
La chaîne alimentaire y est encore riche, favorisée par les haies et les prairies pâturées.
Les ressources en cavités sont fournies par quelques arbres vieillissants, encore tolérés à proximité des maisons et surtout par le vieux bâti rural : des trous dans les murs, des entrées sous les toitures de granges plus ou moins entretenues.
Il en va un peu de même pour les fermes isolées. La Chevêche trouve a se loger "quelque part dans les murs", sous une toiture, dans un vieux poirier épargné par le remembrement.
Les territoires de chasse sont confinés aux abords même de la ferme, qui conserve quelques terrains à l'abandon, "sans allure particulière", mais non traités et toujours accueillants pour les micro-mammifères ou les coléoptères...
Et la Chevêche se satisfait de peu, 4 à 500m autour de son nid lui suffisent souvent pour survivre.




La " ceinture verte ", à quelques centaines de mètres du centre-village dont on aperçoit le clocher, est toujours accueillante, avec ses parcelles de petite taille cloisonnées par des haies et ses prairies pâturées
Cette situation de repli sur la ceinture verte a permis aux populations de Chevêches de limiter, en partie, leur lente dégradation.
  • L'urbanisation galopante :

Hélas, cette ceinture verte autour des villages, ce dernier refuge, est en passe de disparaître à son tour.

Là où il y avait 5 fermes autrefois dans le village, il n'en reste plus qu'une ou deux aujourd'hui. Les derniers exploitants agricoles ont racheté les terres de leurs collègues et se sont agrandis. Il faut avoir 250, 300, 400 ha et souvent plus pour " faire face ".
Quant au vieux bâti rural, il a souvent été racheté par des particuliers et transformé. A 50 ou 60 km de Paris, on est aujourd'hui en " banlieue ", et partout le vieux bâti fait " peau neuve ". Les résidences secondaires d'il y a 30 ans sont devenues résidences principales. Les granges ouvertes à tous vents, les greniers accessibles à la faune sauvage… sont désormais mansardés et transformés en parties habitables. Les toitures sont refaites à neuf, les murs sont " rejointoyés " et les cavités disparaissent.
Le bâti ancien se transforme, d'une part… et le neuf lui se généralise : à la périphérie du village, les lotissements poussent comme des champignons. Les zones constructibles s'élargissent autour des bourgs et la ceinture verte disparaît chaque année, grignotée par les constructions neuves. Le gazon et les thuyas remplacent prairies et haies champêtres.
Telle est la tendance générale, amorcée il y a 40 ans et qui s'est accélérée, concernant l'aménagement du territoire francilien. Les zones rurales résistent mal au développement urbain.

A l'image de l'ensemble de la petite faune sauvage, la Chevêche est prise en tenaille, entre agriculture intensive d'un côté et urbanisation galopante de l'autre.
En savoir plus télécharger :
inventaire, où sont les Chevêches ?


Dernière mise à jour : vendredi 13 juillet 2018
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